Mâles et femelles, hommes et femmes : qu’en dit la science ?

La formation organisée les 9 et 10 avril 2015 par les Maisons pour la science, en partenariat avec UNIRéS, a associé un regard sur la sexualité du point de vue des sciences de l’évolution à une approche de l’éducation à la sexualité à l’école.
Cette formation a réuni 20 stagiaires d’horizons divers : enseignants et formateurs premier et second degrés, médecin et infirmières scolaires, pendant deux journées dans les locaux de la Fondation « La main à la pâte » à l’École Normale Supérieure à Montrouge.
Une approche scientifique portée par les « Maisons pour la science » a été privilégiée au cours de la première journée ; des ateliers animés par les formatrices de « La main à la pâte » ont alterné avec les exposés de deux scientifiques :

  • Pierre-Henri Gouyon (1)  a abordé la question de « la sexualité dans le vivant du point de vue des sciences de l’évolution » en pointant le finalisme dont est empreinte la notion d’espèce dans l’enseignement des sciences et en évoquant, entre autres, la théorie de « la reine rouge » (« Nous courons pour rester à la même place. »).  L’atelier « chasse au conjoint » a permis de comprendre l’établissement du sex-ratio au sein de l’espèce humaine.
  • Après l’atelier « Cavaliers », mettant en jeu la part de l’inné et de l’acquis dans la performance individuelle, et une réflexion collective sur les stéréotypes F. Ramusmasculin/féminin, Franck Ramus (2) a questionné la réalité scientifique du concept « inné/acquis ». Il a également fourni un éclairage sur l’étude des différences entre hommes et femmes, faisant mention des précautions qui peuvent être prises sur ce sujet.

 

La deuxième journée organisée plus particulièrement par UNIRéS était consacrée à l’éducation à la sexualité.
photoformationLe photoformation « Profédus », que nombre de participants ont découvert, a permis à chacun des membres du groupe d’exprimer ses conceptions et évocations sur l’éducation à la sexualité de la maternelle au lycée. L’ensemble des mots clés utilisés par les participants a ainsi illustré les 3 pôles reconnus pour l’éducation à la santé : centrations sur l’apprentissage de connaissances, sur le développement d’attitudes et sur l’apprentissage de capacités (Cf. Modèle Carine Simar, Didier Jourdan, 2008).

  • Sandie Bernard (3), après avoir situé les  « éducations à » par rapport aux disciplines scolaires et souligné leur articulation sur des questions sociales vives, a présenté l’évolution de l’éducation à la sexualité à l’École, posé son cadre institutionnel et mis en évidence les obstacles et leviers de sa mise en œuvre.
  • De gauche à droite : Sandie Bernard, Corinne Roux-Lafay, Annie Charron

    La présentation par Fatima Rahmoun (4) de projets transdisciplinaires qu’elle a mis en œuvre auprès d’élèves de collège a illustré différents aspects de la dimension éthique de l’éducation à la sexualité abordée par Corinne Roux-Lafay (5). Celle-ci a souligné à la fois la difficulté et l’importance de respecter le pluralisme éthique des élèves, tout en proposant différentes pistes de travail basées sur les données de la recherche.

Cette formation riche d’échanges a également permis de tracer les grandes lignes de projets de formations dans une perspective de travail partenarial entre les Coordonnateurs UNIRéS et les « Maisons pour la science ».

(1) Pierre-Henri Gouyon est Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle, à l’AgroParisTech, à Sciences Po (Paris) et à l’ENS Paris.  Il est chercheur au sein du Laboratoire ISYEB (Institut de Systématique, Évolution & Biodiversité), et auteur de nombreux ouvrages de culture scientifique. Parmi ses thèmes de recherche, il travaille sur l’évolution du sexe, des systèmes de reproduction et des systèmes génétiques. Certains des points qu’il a abordés le sont aussi dans son exposé sur la biodiversité, ou dans le Hors Série de Sciences et Avenir « Le génie des animaux » .
(2) Franck Ramus est Directeur de recherches au CNRS et Professeur attaché à l’École Normale Supérieure. Il dirige l’équipe « Développement cognitif et pathologie » au sein du Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique de l’Institut d’Étude de la Cognition. Ses recherches portent sur le développement cognitif de l’enfant, ses troubles, ses bases cognitives et cérébrales, et ses déterminants génétiques et environnementaux. Accéder à un exposé de ce chercheur sur « Les différences cognitives entre hommes et femmes ».
(3) Sandie Bernard est Docteure en sciences de l’éducation, formatrice à l’ESPE de  de l’Académie de Lyon et Coordonnatrice d’UNIRéS pour l’Académie de Lyon.
(4) Fatima Rahmoun est enseignante de physique-chimie au lycée et au collège. Elle a pratiqué l’EIST (Enseignement Intégré de Science et Technologie) pendant plusieurs années.
(5) Corinne Roux-Lafay est Docteure en sciences de l’éducation (thèse sur l’éthique à l’École) et professeure de philosophie, formatrice à l’ESPE de l’Académie de Lyon.